Kayes : la toxicomanie fait des ravages à Kayes

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Une plaquette de Tramadol

Beaucoup de jeunes de nos jours sont additifs et sombrent dans le sexe, la drogue, l’alcool etc. Cette addiction fait trop de mal en détruisant la vie de bon nombre au sein de la jeunesse. Il est fréquent de voir des jeunes souffrant de maladies mentales qui ne sont pas toutefois naturelles. Les excitants poussent certains à commettre des crimes ou des actes immoraux comme les vols, les viols et surtout la prostitution chez certaines jeunes filles.
D’où vient ce mal ravageur, et qu’est ce qui pourrait être à la base de ce fléau?
Selon le Directeur Régional de l’Antenne de l’Office Centrale de Lutte contre les stupéfiants (OCS) » cette problématique des malades mentaux est dû à la consommation très accentuée de la drogue, surtout des produits de la drogue de synthèse »
Kayes est une zone dont le sous-sol est riche en produits miniers attire les trafiquants de drogue qui opèrent régulièrement à cause de la forte présence des jeunes qui viennent de divers horizons pour travailler sur les sites d’orpaillage traditionnels. Ces jeunes à la recherche de l’or sombrent dans la consommation des drogues de synthèse.
Sous l’effet de la drogue, ils n’ont peur de rien et ressentent moins de fatigue. Beaucoup d’orpailleurs utilisent les drogues pour travailler et une fois l’organisme adapté à ces stupéfiants, «la consommation s’accentue », et sont contraints de vivre avec sous la dépendance totale de ces produits nocifs.
Un ex-consommateur qui a souhaité s’exprimer sous anonymat explique «Il est difficile de vivre sans ces substances quand vous êtes sous son emprise une fois qu’elles ont pris votre sang. Le matin, il faut en prendre sinon vous ne pouvez rien faire, et c’est pareil à chaque instant « .
Les drogues de synthèse les plus fréquentes sur le marché sont : le tramadol 200mg, 225mg, 250mg, et le béret rouge), mais dernièrement l’OCS a fait la découverte d’un autre type de tramadol communément appelé « le panneau solaire » .
‘‘Ces drogues de synthèse sont plus dangereuses que les autres drogues comme le cannabis’‘affirme l’OCS de kayes.
La consommation se fait sous plusieurs formes, certains l’avalent et d’autres le mettent dans le thé ,le café ou la boisson. Quant au panneau solaire, il leur suffit de gratter une partie de leur corps et placer le comprimé, et ce sont les rayons solaires qui rendent actifs les effets de cette substance qui agissent directement sur le système nerveux. Cette consommation dégrade le système nerveux. Résultat : la plupart des jeunes sont atteint de maladie mentale et se pavanent dans les rues de la cité des rails.
Également, nombre de jeunes et même certaines personnes âgées utilisent ces produits comme aphrodisiaque. L’utilisation de ces drogues est nuisible à la santé et l’OCS en a fait, son cheval de bataille. Pour s’en procurer, vendeurs et acheteurs ont des langages très discrets et codifiés pour ne pas être repérés. Les vendeurs ne vendent qu’à ceux à qui ils font confiance. Dans leur jargon, ce sont des codifications : tra, béret rouge ‘’n’tè un yèrè fê (je ne m’aime pas) ou ‘’fali n’toron’’ (la cheville d’âne), Kôlô ou Aya. D’autres les surnomment par le chiffre indiquant le dosage comme (120, 125, 200, 225, 250, ) etc.
Ces drogues de synthèse sont des produits pharmaceutiques, vendus par les vendeurs ambulants. L’aspect économique n’est pas négligeable et fleuri de jours en jours. Pour certains vendeurs «  ces produits sont très rentables avec un large réseau étendu dans plusieurs localités » explique une ex-vendeuse, qui poursuit « Si vous achetez un colis d’une valeur de 100 000fcfa de ces produits, vous pouvez vous retrouvez avec plus de 300 000fcfa après la vente. Il y’ a des paquets qui se vendent à 3500fcfa voir plus, mais l’unité est vendue à partir de 100fcfa, 200fcfa, 400fcfa et même à 500fcfa en fonction de la puissance du produit. C’est un commerce très rentable. Ces drogues de synthèse régénèrent des milliards », a confié cette dame à la cinquantenaire avant d’ajouter «c’est impossible de vendre ces produits et être en manque d’argent ».
Peut-on lutter contre ce fléau ?
Le combat est loin d’être gagné, car les raisons sont énormes et profondes. En plus des milliards de FCFA que rapportent ces produits, la problématique de l’emploi se pose. Ce secteur des drogues attire de plus en plus pour justifier le manque d’emploi.
« Les handicapés sont ceux qui s’adonnent plus dans ce secteur pour justifier leur handicape » regrette l’OCS Kayes. Il faut agir et vite pour sauver la partie de notre jeunesse en perdition perpétuelle. Pour y arriver, les autorités politiques, judiciaires, sécuritaires, société civile et les ONG doivent se donner la main pour lutter efficacement contre ce fléau.
Dans sa mission de lutte contre les drogues, l’OCS de Kayes en collaboration avec les autorités scolaires de la région, a initié des ateliers de formations, de sensibilisation et d’informations dans les écoles pour prévenir des risques liés au phénomène de la drogue déjà dans nos écoles. A titre de rappel, l’antenne de l’OCS Kayes a détruit plus de 253 000 comprimés de tramadol, des tonnes de cannabis et d’ autres drogues lors de la journée internationale de lutte contre la drogue célébrée à Kayes le 26 juin 2018.A tous les niveaux de la chaine, chaque acteur doit jouer son rôle pour qu’on arrive à bout de ce fléau destructeur en coopérant avec les services de sécurité.

Salomon Sinsin Tiénou

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