Axe Kayes-Yelimané: la désillusion des usagers

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Dans la région de Kayes, rallier certaines localités  en cette période hivernale est un  parcours de combattant. C’est le cas du tronçon Kayes-Yelimané, devenu un véritable calvaire pour les usagers. Idem pour l’axe Sadiola- Kéniéba.

Le Mali reste toujours confronté à des problèmes d’infrastructures routières. Pour mieux appréhender la souffrance des populations de ces zones, nous avons voyagé sur Toya, l’un des villages de la commune rurale de Yaguiné le 10 septembre 2022. Situé à environ 25 km de Yelimané, chef-lieu de cercle, notre calvaire a commencé avant d’arriver dans le village de Diamdioumera. Sur une rivière, est construit un pont depuis des années. Mais, l’infrastructure est si  fragile en cette   saison pluvieuse. L’ eau de la rivière  le submerge,  ce qui rend difficile le passage.

Au bord de cette rivière, le gazouillement d’oiseaux et le coassement des grenouilles offrent un spectacle, qui rappelle les fonds fins d’une forêt amazonienne au lever du soleil. Pour traverser, les usagers sont obligés d’éteindre les motos, de bien attacher les tuyaux par des sacs ou des sachets en plastique pour traverser ce pont submergé. Un peu plus loin de là, un autre pont bondé d’eau, nous attend. Ici, pas question de  tituber, encore moins prendre le risque de traverser à pied, pour ne être emporté par l’eau du ruisseau .

Traverser par pirogue

Un véhicule chargé de marchandises traversant un cours d’eau sur l’axe Kayes-Yelimané (région de Kayes)le 10 septembre 2022. Image:@YaoOfficiel

Sur une route goudronné, nous devons traverser par pirogue en payant  la somme de 750 francs CFA. Quant aux taxis brousse, ils n’ont pas le choix, que de plonger le  nez de leur véhicule dans cette eau en faisant fi des risques qui peuvent en découler. « Nous n’avons pas le choix que de traverser. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui, elle dure depuis des années et  nous la vivons ainsi » ,me fait savoir un conducteur de la ligne Kayes-Yelimané. En sortant cette phrase de sa bouche, le désespoir se lisait sur son visage. Malgré les risques, ce père de 4 enfants, doit faire avec pour subvenir aux besoins de sa famille.

Un pont sur l’axe Kayes-Yelimané(région de Kayes) submergé par l’eau d’une rivière le 10 septembre 2022.Image:@YaoOfficiel

Croyant être au bout de nos peines, nous voilà encore face à un autre obstacle.  Moins d’un kilomètre du deuxième cours d’eau, un troisième nous attendait . Là aussi, il faut débourser 1000 francs CFA au piroguier, qui , avec un air souriant  ,ne se rend pas compte certainement  de notre souffrance. Cela va durer le temps que le niveau de passage soit praticable pour les motocyclistes. « Notre recette pour l’instant est très faible par rapport aux autres journées »,nous fait savoir ce conducteur de pirogue, accompagné par deux de ses frères.

L’insécurité, une autre crainte

Dans un cercle ou l’insécurité fait craindre, nous avons repris le chemin pour Yaguiné. Avec une peur au ventre, il faut réciter toutes les prières possibles, pour ne pas croiser des bandits. Ce jour-là, il m’est arrivé de penser que, j’allais rejoindre mes ancêtres à l’au-delà , mais pour l’amour de mon travail, j’ai décidé de continuer le voyage, afin de rapporter le calvaire de ces pauvres populations qui souffrent chaque jour.

Tout au long de ce périple, le moindre bruit ou geste attire notre attention, car dans cette zone, la menace est réelle. Pour une petite distance qui doit être parcourue en 2h de route, nous avons mis 4 bonnes heures, avant d’arriver à destination. La suite à lire très prochainement.

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