Gestion des catastrophes : RENFORCEMENT DU DISPOSITIF DE PRÉVENTION

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Les pluies diluviennes avaient transporté ces véhicules stationnés dans un garage

En mai dernier, Bamako a été endeuillée après des pluies d’une rare intensité qui ont causé des pertes en vies humaines, d’importants dégâts matériels et fait des sans-abris. Au-delà du sinistre occasionné, cette catastrophe rappelle l’ardente nécessité de réaliser un programme d’intervention d’urgence à court, moyen et long termes dans le but de prévenir d’éventuelles inondations et d’assurer la prise en charge adéquate des victimes. C’est à cela que le gouvernement s’attèle.
Vendredi dernier à la Primature, le Premier ministre Dr Boubou Cissé a réuni les ministres des départements concernés par la question pour faire le point des actions menées en soutien aux sinistrés des inondations du 16 mai. Aussi ont-ils dégagé des stratégies à mettre en œuvre pour prévenir d’éventuels cas de catastrophes naturelles.
En effet, lors de sa visite de terrain à Daoudabougou (Commune V), le chef du gouvernement avait instruit le recensement des familles sinistrées, en vue d’assurer leur prise en charge en vivres et non-vivres, le relogement des familles sans-abris dans un bref délai et le déguerpissement des familles des lits des cours d’eaux. Autre instruction : le curage de tous les caniveaux avec l’institution d’un mécanisme d’évaluation assorti d’un budget et d’un délai.
Cette rencontre aura donc permis d’évaluer les actions réalisées par les départements concernés et d’élaborer des stratégies d’urgence. A ce dernier égard, le porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré, a confié que la réunion a d’abord situé les causes réelles de ces inondations. « C’est vrai qu’il y a eu des pluies, mais les causes de l’inondation sont humaines », a souligné le ministre Sangaré, qui a dénoncé l’occupation anarchique des espaces, l’irrégularité dans le curage des caniveaux…
Par conséquent, a-t-il annoncé, le gouvernement entend urgemment agir afin de déguerpir tous ceux qui sont installés anarchiquement sur les voies de passage des eaux de ruissellement et assurer le curage correct et régulier des caniveaux. Des mesures sont également prises pour amener les populations à changer de comportement par rapport à tout ce qui peut occasionner ce genre de catastrophe.
« Conformément à des directives des Nations unies, le Premier ministre a instruit la création des structures de veille pour prévenir les cas de crises et de catastrophes », a ajouté Yaya Sangaré. Cependant, a-t-il précisé, notre pays dispose déjà non seulement de cette structure, mais également de toute une panoplie de textes législatifs et réglementaires en matière de gestion des catastrophes. Il s’agit donc de les réactiver afin « d’anticiper sur les catastrophes».
Par ailleurs, Yaya Sangaré a souhaité la pleine implication des populations dans l’assainissement de Bamako, devenue une ville sale. De leurs côtés, les départements en charge des questions environnementales, de concert avec les collectivités, entendent renforcer le dispositif de collecte et d’évacuation des ordures en dehors de la ville. Pour assainir la capitale, selon le porte-parole du gouvernement, « il faut d’abord organiser la collecte des déchets ménagers, travailler à ce que des dépôts de transit puissent être créés et également la décharge finale pour éviter des dépôts anarchiques à l’intérieur et aux alentours de Bamako ». Il a assuré que les acteurs concernés engageront, dans les jours à venir, des actions concrètes.
Dans moins d’un mois, se tiendra une autre rencontre d’évaluation de la situation.

Issa DEMBÉLÉ

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